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Arrangement politique : Haïti continue de payer le prix d’une transition qu’elle n’a pas souhaitée

Haïti se retrouve dans une situation jugée profondément injuste. Le pays paie le prix d’une transition sans mandat clair, sans légitimité électorale et sans mécanisme de reddition de comptes, illustrée par le récent remaniement ministériel du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.

12 nouveaux ministres et six reconduits composent le cabinet, appuyé par un pacte national signé avec plus d’une centaine de groupes politiques. La communauté internationale affiche son soutien, mais la réalité évoque une consolidation du pouvoir et l’enrichissement de certains au détriment du peuple.

Depuis l’assassinat de Jovenel Moïse le 7 juillet 2021, Haïti n’a plus de dirigeant élu. Le gouvernement de Fils-Aimé fonctionne sans échéance définie et engage l’État dans des décisions majeures concernant la sécurité, la réforme constitutionnelle, l’organisation des élections et la gestion d’une crise humanitaire inédite.

Le pays est plongé dans une insécurité extrême. Les groupes armés contrôlent une grande partie de la capitale, provoquent le déplacement de plus de 1,4 million de personnes et paralysent l’économie, tandis que la population subit les violences des gangs ainsi que des abus policiers.

Le peuple haïtien paie depuis des années le prix des arrangements politiques conclus au sommet. Il subit les conséquences de décisions validées par des acteurs nationaux et internationaux, mais rarement sanctionnées par les urnes.

Le nouveau gouvernement se présente comme un pas vers la stabilité. Les observateurs soulignent toutefois que la stabilité exige transparence, contrôle démocratique, participation citoyenne et, surtout, un mandat clair.

Le cabinet de 18 membres, dont cinq femmes, ne respecte pas pleinement l’esprit du quota constitutionnel de 30 %. Ce détail symbolique révèle un problème plus large : des engagements inscrits sur le papier, mais appliqués de manière partielle.

La communauté internationale salue les arrangements politiques annoncés. Pour la majorité des Haïtiens, la réalité quotidienne reste marquée par la violence, les déplacements, la pauvreté et des services publics défaillants, tandis que les élections prévues en août et décembre 2026 ne disposent toujours pas d’un budget officiel.

Haïti continue ainsi de payer le prix d’une transition qu’elle n’a pas choisie par le vote. Elle paie en instabilité, en perte de confiance institutionnelle et en souffrance sociale, pour un système politique dépourvu de véritable contrat démocratique.

Le pacte national peut constituer un point de départ. Mais sans échéance claire, sans mécanismes de contrôle et sans engagement ferme envers la souveraineté populaire, il risque de se réduire à un simple arrangement de survie politique.

Rédaction: Zantray News Haïti

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