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André Michel : Le départ du CPT, un soulagement pour les ministres et directeurs généraux qu’il dépouillait

Figure influente de l’accord du 21 décembre, l’avocat André Michel s’en est vivement pris aux membres du Conseil présidentiel de transition (CPT) lors d’une intervention jeudi à l’émission Débat Publik sur Zantray News Haïti. Il a dénoncé leur incapacité à remplir leur mission, affirmant qu’ils consacraient leur temps à soutirer de l’argent aux ministres et directeurs généraux, tout en influençant les nominations à leur avantage.

Selon lui, ces fonctionnaires comptent parmi les plus satisfaits du départ du CPT. Plusieurs conseillers, a-t-il expliqué aux journalistes Campane Joseph et Presimon Jean, se livraient régulièrement à des pressions financières, une situation qu’il a qualifiée d’indécente, rappelant que les secteurs n’avaient pas envoyé leurs représentants pour ce type de pratiques.

« C’est terrible, ils n’ont cessé de mettre la pression sur les ministres et les directeurs. Ils réclamaient de l’argent à toutes occasions : 500 mille gourdes, 2 millions de gourdes, des cartes téléphoniques, même du gaz », a déclaré André Michel, sans vouloir citer de noms, y compris celui de son représentant.

« Ils ont été indécents. J’ai parlé à un ministre qui m’a raconté qu’un conseiller exigeait de l’argent chaque après-midi », a-t-il ajouté.

L’avocat n’a pas ménagé ses propos envers les membres du CPT, qu’il tient pour largement responsables de l’échec de la période transitoire d’avril 2024 à février 2026. Le comportement assimilé à celui de braqueurs, selon lui, a provoqué un grand émoi, car malgré leur échec, ils ont refusé de céder le pouvoir.

« Je n’ai pas envoyé un représentant dans le CPT pour aller casser le BNC. Je n’ai pas envoyé un représentant pour soutirer de l’argent aux directeurs généraux », a poursuivi le responsable du secteur démocratique et populaire (SDP).

L’échec du CPT: une responsabilité partagée

Toutefois, André Michel a reconnu que l’échec du CPT est une responsabilité partagée, même si la plus grande part revient aux membres du conseil, chargés de rétablir la sécurité et d’organiser les élections.

Il a également pointé du doigt d’autres acteurs du pays, notamment la classe politique dont il fait partie, le monde des affaires et la société civile, qui ont envoyé des représentants au CPT sans être capables de proposer des orientations claires pour le processus.

« Nous avons en effet notre part de responsabilité dans l’échec du CPT, car pendant 22 mois nous n’avons jamais réussi à nous asseoir ensemble pour définir une orientation claire », a indiqué André Michel.

Plus loin, l’avocat a aussi déploré l’attitude de la communauté internationale, qu’il accuse de n’avoir pas respecté ses engagements envers l’État haïtien.

Il a rappelé la promesse de déployer une force robuste pour lutter contre les gangs et préparer le terrain aux élections. À ce titre, il estime que la communauté internationale porte également une part de responsabilité dans l’échec du CPT.

Rédaction: Zantray News Haïti

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