Amnesty International a interpellé le président dominicain Luis Abinader au lendemain de son intervention devant l’Assemblée générale des Nations unies sur la crise haïtienne. Dans un message publié jeudi 24 septembre sur X, l’organisation a demandé à son gouvernement de mettre fin aux expulsions collectives ainsi qu’aux politiques migratoires qu’elle qualifie de racistes et discriminatoires envers les Haïtiens et les Dominicains d’ascendance haïtienne.
Amnesty International estime que la crise en Haïti ne dispense pas les autorités dominicaines de leurs responsabilités en matière de droits humains. L’organisation appelle notamment le gouvernement à respecter ses obligations internationales dans le cadre de ses politiques migratoires.
Selon Amnesty International, au moins 265 215 Haïtiens ont été expulsés de République dominicaine en 2025, dont 24 509 enfants. L’organisation rapporte également l’expulsion de 1 057 femmes enceintes et de 3 000 femmes allaitantes au cours de la même année.
L’organisation affirme avoir documenté des cas de profilage racial, de détentions arbitraires, de recours excessif à la force et de conditions inhumaines lors des opérations de contrôle migratoire. Elle dénonce également des pratiques qui, selon elle, affectent les Haïtiens ainsi que les Dominicains d’ascendance haïtienne.
Amnesty International affirme par ailleurs que le contrôle migratoire s’est étendu aux établissements de santé, contribuant à éloigner certaines personnes des soins médicaux par crainte d’être arrêtées ou expulsées. L’organisation estime que cette situation touche particulièrement les femmes enceintes, les nourrissons et les enfants.
De son côté, Luis Abinader a déclaré mercredi 23 septembre devant l’ONU qu’il n’existait pas de « solution dominicaine » à la crise haïtienne. Il a affirmé que la République dominicaine continuerait de protéger ses frontières et d’appliquer ses lois migratoires, tout en appelant la communauté internationale à rendre possible une solution en Haïti.
Amnesty International demande aux autorités dominicaines d’enquêter sur les abus présumés commis lors des opérations migratoires, de garantir justice et réparation aux victimes et de prendre des mesures pour empêcher leur répétition. L’organisation estime que les violations des droits humains ne doivent pas rester impunies.
Rédaction: Zantray News Haïti