Le directeur général du Service National de Gestion des Résidus Solides (SNGRS), Daryl Balthazar, annonce une nouvelle mesure contre les citoyens qui jettent des déchets dans les rues. À travers la rubrique « Alo salòp », ils seront filmés et exposés publiquement comme sanction.
L’objectif affiché est de contraindre les citoyens à respecter leur responsabilité envers la société. Jeter des déchets dans les rues devient ainsi un acte dénoncé comme un danger sanitaire pour la communauté.
Mais cette logique soulève une question directe sur les dirigeants. Pourquoi cette rigueur ne s’applique-t-elle pas à ceux qui ont la charge d’organiser la gestion des déchets ?
Car l’échec des autorités dans ce domaine est visible. L’absence de ramassage régulier, le manque de poubelles, l’inexistence de tri et l’insuffisance de sites de décharge traduisent une défaillance structurelle.
Dans ces conditions, la responsabilité des dirigeants devient centrale. Ne pas mettre en place de politique publique efficace revient, en pratique, à laisser les déchets envahir les rues et exposer la population à des risques sanitaires.
Dans un contexte marqué par la menace de maladies comme la diphtérie signalée par le ministère de la Santé publique, cette situation est encore plus préoccupante. L’inaction des autorités peut être comparée à un acte qui contribue à contaminer l’espace public.
La question ne concerne pas uniquement les citoyens surpris en train de jeter des déchets. Elle concerne aussi les responsables publics dont l’inaction produit les mêmes effets, voire des conséquences plus graves.
Lorsqu’un citoyen jette des ordures, il est filmé et dénoncé. Mais lorsqu’un dirigeant échoue à garantir la propreté et le bien-être collectif, aucune sanction visible n’est appliquée.
Le 7 avril 2026, Daryl Balthazar déclarait que toute personne prise en train de jeter des déchets serait arrêtée et filmée. Dans le même temps, il invitait les collecteurs à déposer les déchets à Truitier, sans annoncer de réforme structurelle du système.
Ce décalage pose un problème de cohérence. Car l’échec des dirigeants dans leur mission peut être perçu comme un abandon de l’espace public, comparable à un déversement continu de déchets sur le territoire.
La lutte contre l’insalubrité ne peut pas reposer uniquement sur la sanction des citoyens. Elle exige d’abord une responsabilité assumée de l’État, sans quoi chaque défaillance institutionnelle continuera d’alimenter la crise sanitaire.
Rédaction: Zantray News Haïti