À quelques jours de la Journée mondiale de l’Environnement, la Direction départementale du Nord-Ouest du Ministère de l’Environnement (DDNO-MdE) multiplie les annonces, les rencontres, les formations et les activités de sensibilisation. Sous le thème national « Agir maintenant pour transformer l’avenir », les autorités mettent en avant une série d’initiatives destinées à renforcer l’éducation environnementale, l’engagement citoyen et la gouvernance locale.
Mais derrière cette avalanche de communications institutionnelles, une question demeure : où sont les résultats concrets ?
Le communiqué met l’accent sur des échanges, des tables sectorielles, des formations, des séances de sensibilisation et des rencontres entre acteurs locaux. Pourtant, aucune donnée ne permet d’évaluer l’impact réel de ces activités sur la dégradation environnementale qui affecte le département du Nord-Ouest. Les autorités parlent de mobilisation, mais ne présentent aucun bilan mesurable des actions déjà entreprises.
Le lancement des « Vendredis de l’Environnement » dans un établissement scolaire, l’organisation de discussions sur les vulnérabilités climatiques ou encore la formation d’enseignants et de journalistes sont autant d’initiatives qui peuvent contribuer à la sensibilisation. Toutefois, la multiplication des ateliers et des rencontres soulève une interrogation récurrente : la stratégie environnementale se limite-t-elle à parler des problèmes plutôt qu’à les résoudre ?
Les activités prévues pour le 5 juin – marche de sensibilisation, nettoyage des côtes, plantation d’environ 500 cocotiers et activité écotouristique éducative – témoignent d’une volonté d’agir sur le terrain. Cependant, ces actions ponctuelles suffiront-elles à répondre aux défis structurels liés à la dégradation des écosystèmes, à l’érosion côtière et aux effets du changement climatique dans la région ?
Le communiqué insiste également sur l’alignement de ces initiatives avec les priorités gouvernementales portées par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et le ministre de l’Environnement Valéry Fils-Aimé. Cette mise en avant des autorités politiques contraste toutefois avec l’absence d’éléments concrets permettant de mesurer les avancées réalisées jusqu’à présent en matière de protection environnementale dans le département.
En définitive, la DDNO-MdE présente un agenda chargé et ambitieux. Mais à force de privilégier les annonces, les rencontres et les campagnes de sensibilisation, l’institution s’expose à une critique légitime : celle d’une action environnementale davantage centrée sur la communication que sur la démonstration de résultats tangibles. Dans un contexte où les enjeux climatiques et écologiques deviennent de plus en plus pressants, les populations attendent désormais autre chose que des promesses et des activités symboliques : elles attendent des changements visibles et durables.
Mozard Lombard,
mozardolombardo@yahoo.com