À l’occasion de DEVEXPO 2026, organisé à l’Hôtel Montana à Pétion-Ville, le Ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI) a une nouvelle fois multiplié les déclarations ambitieuses sur l’innovation, la transformation numérique et l’intelligence artificielle. Une communication soigneusement orchestrée qui soulève toutefois des interrogations sur l’écart grandissant entre les discours technologiques du gouvernement et les réalisations réellement mises en avant.
Sous la direction du ministre James Monazard, le MCI a profité de cette vitrine pour promouvoir ses outils technologiques et vanter les opportunités offertes par l’intelligence artificielle pour le développement économique de ce qu’il a appelé « l’Île de Dessalines ». Dans son allocution, le ministre a plaidé pour davantage d’investissements dans l’innovation, la formation et les compétences technologiques. Pourtant, au-delà des déclarations d’intention, peu d’éléments concrets ont été avancés pour démontrer l’impact réel de ces ambitions sur l’économie nationale.

Le contraste est particulièrement frappant lorsque l’on examine les résultats mis en avant par le ministère lui-même. Après avoir consacré une large partie de son intervention à la révolution numérique et à l’intelligence artificielle, les réalisations présentées se résument essentiellement à l’enregistrement de plusieurs dizaines d’entreprises en commandite simple et à la délivrance d’une trentaine de Cartes d’Identité Professionnelle (CIP). Des démarches administratives certes utiles, mais difficilement assimilables à une révolution technologique ou à une avancée majeure dans le domaine de l’innovation.
Le MCI affirme également avoir présenté plusieurs outils technologiques et programmes d’accompagnement destinés à soutenir l’entrepreneuriat et les projets à forte composante technologique. Toutefois, aucune précision n’a été fournie sur la nature de ces outils, leur niveau de déploiement, leur accessibilité ou leurs résultats mesurables. Cette absence de détails nourrit l’impression d’une communication davantage axée sur les slogans que sur les performances.

La participation du ministère à DEVEXPO 2026 semble ainsi avoir davantage servi de tribune pour réaffirmer des engagements déjà connus que pour annoncer des avancées tangibles. Les références répétées à l’innovation, à l’économie numérique et à l’intelligence artificielle contrastent avec le faible volume d’actions concrètes mises en avant dans le bilan de l’événement.
Alors que le ministre insiste sur la nécessité pour le pays de s’inscrire pleinement dans la révolution numérique mondiale, la communication officielle du MCI laisse apparaître une réalité plus modeste : quelques dizaines d’entreprises enregistrées, quelques dizaines de cartes délivrées et beaucoup de promesses sur un avenir technologique encore à construire.
DEVEXPO 2026 devait illustrer la capacité du ministère à transformer ses ambitions numériques en résultats visibles. À la lecture des informations présentées, l’événement semble surtout avoir confirmé la prééminence du discours sur les réalisations, dans un contexte où les attentes en matière de développement économique et d’innovation demeurent considérables.
Mozard Lombard,
mozardolombardo@yahoo.com