À Saint-Marc, une décision des autorités locales suscite de vives réactions au sein de la population. Alors que les habitants expriment depuis plusieurs semaines de fortes inquiétudes liées à l’insécurité générale dans la région de l’Artibonite, la réponse institutionnelle ne semble pas s’orienter vers un renforcement visible de la protection des citoyens. Au contraire, elle prend la forme de mesures restrictives qui touchent directement la liberté de circulation et d’expression.
Dans une note officielle émise le 5 mai 2026 par les autorités communales et plusieurs représentants de l’appareil administratif et judiciaire local, il est annoncé l’instauration d’un couvre-feu de 72 heures sur l’ensemble du territoire de la juridiction de Saint-Marc.
Cette mesure interdit la circulation des véhicules et des motocyclettes entre 18 h 30 et 6 h du matin, une disposition présentée comme une réponse à la situation sécuritaire nationale.
Cependant, au-delà du couvre-feu, le document attire particulièrement l’attention sur une autre restriction : toute intention de manifestation doit désormais être préalablement notifiée à la Police, avec obligation de garder le visage découvert, sans cagoule. Une disposition qui, pour plusieurs observateurs, encadre fortement, voire limite, la possibilité de mobilisation citoyenne spontanée dans un contexte où les revendications sociales et sécuritaires sont pourtant de plus en plus pressantes.
Pour une partie de la population, cette approche soulève une inquiétude grandissante. Au lieu d’apporter des réponses concrètes aux problèmes d’insécurité, notamment la présence de groupes armés et la circulation d’armes illégales, les autorités semblent privilégier des mesures de contrôle de l’espace public.
Cette orientation est perçue par certains comme une manière indirecte de contenir les expressions de mécontentement populaire. Dans un climat déjà marqué par la peur et l’incertitude, ces décisions alimentent un débat plus large sur l’équilibre entre sécurité et libertés fondamentales en Haïti.
À Saint-Marc comme ailleurs, la population attend des solutions durables capables de restaurer la sécurité sans restreindre les droits démocratiques essentiels, notamment celui de manifester et de circuler librement.
Rédaction : Zantray News Haïti