La signature de l’accord de siège entre l’État haïtien et les Nations Unies sur le statut du BANUH, présentée comme une avancée majeure, laisse planer de nombreux doutes quant à sa portée réelle. Derrière cette cérémonie officielle à la Chancellerie, les engagements pris semblent surtout s’inscrire dans une continuité de discours ambitieux dont les effets concrets tardent à se faire sentir.
La Ministre des Affaires étrangères, Raina Forbin, a lié directement la réussite du BANUH, en collaboration avec la Force de Répression des Gangs, au rétablissement de la sécurité, à la relance économique et à l’organisation d’élections crédibles. Une projection qui soulève des interrogations, tant les défis évoqués dépassent largement le cadre d’un simple accord de coopération.
L’accent mis sur une collaboration « étroite, transparente et soutenue » avec le BANUH met en lumière une dépendance persistante à l’appui international, sans apporter de garanties précises sur l’efficacité des mécanismes annoncés. Les promesses de coordination et de résultats « visibles et mesurables » restent, pour l’heure, sans indications concrètes sur leur application.
De son côté, la représentante des Nations Unies, Daniela Kroslak, a salué une étape importante pour la stabilisation du pays et l’amélioration des conditions de vie. Toutefois, ce type de déclaration, déjà entendu par le passé, peine à convaincre dans un contexte où les attentes de la population demeurent élevées et les résultats, limités.
Ainsi, malgré la portée symbolique de cet accord, son impact réel reste incertain. Entre volonté affichée et absence de mesures concrètes détaillées, cette initiative risque de renforcer le sentiment de répétition et de scepticisme face aux engagements internationaux en Haïti.
Mozard Lombard,
mozardolombardo@yahoo.com