À l’occasion du 1er mai, le Gouvernement a choisi de mettre en scène son engagement en faveur de la souveraineté nationale, du travail et de la production à travers un communiqué aux accents volontaristes. Sous l’impulsion du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, des plaques d’honneur ont été remises à des agriculteurs, ainsi qu’à deux artisans et une entreprise artisanale, présentés comme des symboles de résilience et de détermination.
Mais derrière cette mise en avant des « forces vives de la Nation », le contraste est frappant. Les bénéficiaires eux-mêmes ont souligné la nécessité d’un accompagnement soutenu de l’État, révélant en filigrane le manque de soutien réel dont souffrent encore les secteurs agricole et artisanal. Cette reconnaissance officielle, bien que valorisante, semble ainsi davantage relever du geste symbolique que d’une véritable politique de transformation.
Le discours gouvernemental insiste sur la relance de la production nationale et le repositionnement stratégique de l’artisanat, sans toutefois préciser les mesures concrètes qui permettraient d’atteindre ces objectifs. Cette absence de détails nourrit le scepticisme quant à la portée réelle de l’initiative.
En appelant à l’unité, à la mobilisation collective et à un nouveau pacte national, l’Exécutif privilégie une rhétorique rassembleuse qui peine à masquer le déficit d’actions tangibles. Au-delà des cérémonies et des distinctions, la question demeure entière : ces déclarations suffiront-elles à impulser le changement annoncé, ou traduisent-elles une fois de plus un décalage entre les ambitions affichées et les moyens réellement engagés ?
Mozard Lombard,
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