À New York, Haïti a une nouvelle fois lancé un appel pressant à la communauté internationale, illustrant une dépendance persistante face à une crise sécuritaire hors de contrôle. Pourtant, derrière ces démarches répétées, un constat s’impose : les engagements annoncés par les grandes puissances tardent à se concrétiser.
L’exemple le plus récent est celui de la mission multinationale dirigée par le Kenya. Arrivée en fin de mandat, les promesses concernant le fonctionnement de cette force, censée appuyer la lutte contre les gangs, n’ont jamais été tenues. Elle est restée incomplète, n’a jamais atteint les 2 500 membres prévus et demeure insuffisamment déployée.
Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, accompagné de la cheffe de la diplomatie Raina Forbin, a participé à une rencontre organisée en marge des travaux du Conseil de sécurité des Nations Unies. Coorganisé avec le Canada, cet échange a réuni plusieurs partenaires internationaux appelés, une fois de plus, à soutenir Haïti.
Autour de la table figuraient notamment les États-Unis, la France, l’Allemagne, le Kenya, le Brésil ou encore la Chine. Mais malgré cette mobilisation diplomatique apparente, les autorités haïtiennes peinent à obtenir des résultats tangibles sur le terrain, où les groupes armés continuent d’imposer leur loi.
Au cœur des critiques figure la Force de Répression des Gangs (FRG), présentée comme une réponse internationale majeure à l’insécurité. Si son principe a été largement soutenu, son déploiement reste lent et fragmenté. Les financements promis tardent à être débloqués et les effectifs annoncés ne sont toujours pas pleinement opérationnels, laissant les forces haïtiennes en première ligne face à une violence grandissante.
Dans son intervention, le chef du gouvernement a insisté sur l’urgence d’une action concrète, appelant à dépasser le stade des déclarations pour passer à des engagements réels. Il a également rappelé que, sans amélioration significative de la sécurité, toute perspective d’élections crédibles reste compromise.
Au-delà de l’aspect sécuritaire, les discussions ont porté sur les réformes institutionnelles, notamment dans la justice et la lutte contre l’impunité. Toutefois, là encore, les autorités haïtiennes dénoncent un manque de soutien structuré et durable, malgré les discours répétés en faveur de la stabilisation du pays.
Cette nouvelle offensive diplomatique met en lumière un paradoxe devenu récurrent : Haïti multiplie les appels à l’aide, tandis que la communauté internationale affiche son soutien sans parvenir à traduire ses promesses en actions concrètes. Une situation qui alimente à la fois la frustration des autorités et le scepticisme d’une population confrontée, jour après jour, à une insécurité persistante.
Rédaction: Zantray News Haïti