Une nouvelle rencontre entre les autorités haïtiennes et le Fonds monétaire international (FMI) a une fois de plus mis en scène un discours de réforme et de redressement économique, dans un contexte où les résultats concrets restent, eux, largement à démontrer.
Le Chef du Gouvernement, Son Excellence Monsieur Alix Didier Fils-Aimé, accompagné de sa délégation, a échangé avec les responsables du FMI autour du programme économique en cours, des défis sécuritaires et des priorités de réforme en Haïti. Une formule désormais classique, qui résume à elle seule l’enchaînement de discussions internationales sans traduction visible et immédiate sur le terrain.
Le FMI a, sans surprise, salué des « progrès » dans la gestion des finances publiques, évoquant notamment le maintien de réserves jugées satisfaisantes malgré un contexte international difficile. Une appréciation qui contraste fortement avec la réalité d’un pays où les défis structurels persistent et où la stabilité économique demeure fragile, malgré ces indicateurs mis en avant.
Du côté du Gouvernement, les engagements se sont multipliés : rétablissement de la sécurité, restauration de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire, et priorité accordée aux zones affectées par les groupes armés. Des annonces qui reviennent régulièrement dans les communications officielles, alors même que les conditions sécuritaires continuent d’être présentées comme un obstacle central à toute relance durable.
Autre objectif affiché : la création des conditions nécessaires à l’organisation d’élections crédibles, libres et inclusives d’ici fin 2026. Une échéance ambitieuse qui repose toutefois sur une hypothèse majeure — le rétablissement préalable de la sécurité — toujours en attente de matérialisation.
Les discussions ont également porté sur la création d’emplois, en particulier pour les jeunes, ainsi que sur la poursuite des réformes fiscales, incluant la mobilisation des recettes et le renforcement des contrôles aux frontières. Là encore, des axes récurrents, souvent annoncés comme prioritaires dans les échanges avec les partenaires internationaux, mais dont la mise en œuvre effective reste à démontrer.
Enfin, le renforcement du système judiciaire et la lutte contre l’impunité ont été présentés comme des leviers essentiels pour consolider l’État de droit et restaurer la confiance. Des objectifs structurels majeurs, mais qui s’inscrivent dans une longue série de réformes annoncées sans calendrier précis ni mécanisme de suivi clairement visible.
Le FMI, pour sa part, a réitéré son engagement à accompagner Haïti à travers une assistance technique et un appui ciblé aux priorités nationales. Un soutien constant sur le plan déclaratif, qui contraste avec la lenteur des transformations attendues dans un pays où les urgences économiques, sociales et sécuritaires demeurent entremêlées.
Mozard Lombard,
mozardolombardo@yahoo.com