Dans un rapport transmis au Congrès, l’administration américaine expose une série de mesures visant à lutter contre la déstabilisation en Haïti, dans un contexte marqué par l’emprise croissante des gangs sur les institutions et le territoire. Le document met en avant une priorité claire : rétablir un niveau minimal de sécurité afin d’éviter la transformation du pays en un « narco-État » et de freiner les flux migratoires illégaux vers les États-Unis.
Le rapport souligne l’échec des gouvernements de transition successifs en Haïti, incapables de contenir la montée en puissance des groupes armés. Ces derniers, dont certains sont désormais classés comme organisations terroristes étrangères par Washington, contrôlent une grande partie des structures étatiques. Cette situation d’impunité favorise l’expansion des activités criminelles et accentue l’instabilité générale.
Au cœur de la nouvelle approche américaine figure la création d’une Force de suppression des gangs (GSF), appelée à remplacer la mission multinationale de soutien à la sécurité (MSS), jugée inefficace. Déployée à partir de juillet 2024, cette mission précédente, largement financée par les États-Unis, mobilisait environ 1 000 agents, sans mandat clair pour neutraliser les gangs.
À l’inverse, la GSF prévoit le déploiement de 5 500 membres, principalement des unités militaires spécialisées, avec pour objectif explicite de traquer et de démanteler les groupes armés.
Cette nouvelle force, autorisée par une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU adoptée en septembre 2025, sera financée en grande partie par des contributions internationales, réduisant ainsi le coût pour les contribuables américains.
Le rapport met également en lumière le rôle du trafic d’armes dans l’aggravation de la crise sécuritaire. Les États-Unis travaillent avec la République dominicaine pour intercepter les cargaisons illicites destinées à Haïti. Une importante saisie d’armes en février 2025 illustre cette coopération renforcée.
Enfin, Washington insiste sur les mesures de sanctions visant les acteurs jugés responsables de la violence et de la corruption. Depuis 2022, plus de 60 individus ont été sanctionnés ou soumis à des restrictions de visa.
En 2025, les groupes « Viv Ansanm » et « Gran Grif » ont été officiellement désignés comme organisations terroristes, marquant un durcissement de la position américaine. À travers cette stratégie, les États-Unis entendent reprendre l’initiative face à une crise haïtienne qui menace non seulement la stabilité régionale, mais aussi leurs intérêts sécuritaires directs.
Rédaction: Zantray News Haïti