Le nom du chef de gang Vitelhomme Innocent refait surface dans l’affaire de l’assassinat du président Jovenel Moïse, à la faveur de nouveaux témoignages livrés devant la justice américaine. Selon des informations rapportées par le journal Miami Herald, l’ancien militaire colombien Mario Antonio Palacios affirme que Vitelhomme a joué un rôle dans sa fuite après l’attaque, apportant un éclairage supplémentaire sur les ramifications locales du complot.
Le procès en cours aux États-Unis entre dans une phase cruciale, marquée par les témoignages d’anciens membres du commando colombien impliqué dans l’opération du 7 juillet 2021. À la barre, Mario Antonio Palacios a reconnu avoir participé à des actes de pillage dans la chambre du président, déclarant avoir volé un collier et deux montres. Il précise que lui et ses coéquipiers y sont restés environ trente minutes, fouillant les lieux à la recherche d’argent, d’appareils électroniques et de documents potentiellement compromettants.
« Nous avons mis l’argent trouvé dans une valise », a-t-il déclaré devant le tribunal, décrivant une scène de désordre après l’attaque. Ces révélations renforcent l’idée que l’opération ne se limitait pas à un assassinat ciblé, mais comportait également une dimension de recherche de biens ou d’informations sensibles.
L’ancien soldat colombien affirme par ailleurs avoir fui Haïti après les faits, avec l’aide de l’ex-sénateur John Joël Joseph et du chef de gang Vitelhomme Innocent. Cette déclaration établit un lien direct entre des acteurs politiques et criminels locaux dans la phase post-attentat, notamment dans l’organisation de son exfiltration vers la Jamaïque, où Palacios a été arrêté avant son extradition vers les États-Unis.
Autre élément soulevé lors de son témoignage, la présence d’infirmières la nuit du drame. Selon Palacios, celles-ci se trouvaient sur place, mais n’ont pas eu besoin d’entrer dans la résidence présidentielle, sans que davantage de précisions ne soient fournies sur leur rôle.
Ces nouvelles déclarations viennent complexifier un dossier déjà marqué par de nombreuses zones d’ombre. Elles mettent en lumière l’imbrication entre réseaux criminels, anciens responsables politiques et acteurs étrangers dans l’un des crimes les plus marquants de l’histoire récente d’Haïti.
Rédaction: Zantray News Haïti