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Haïti /Justice : le RNDDH sommé de prouver ou de répondre devant les tribunaux

Port-au-Prince, 15 avril 2026 — La confrontation est désormais frontale. Le Réseau National de Défense des Droits Humains, son Directeur exécutif Pierre Espérance et sa Responsable de programmes Marie Rosy Auguste Ducena sont officiellement sommés de produire des preuves solides sous 24 heures, sous peine de poursuites pénales pour diffamation.

À l’origine de cette tempête judiciaire, une correspondance datée du 7 avril 2026, adressée au Ministère de la Justice et largement diffusée sur les ondes de Radio Télévision Caraïbes, dans l’émission « Journal Première occasion ». Le document accuse nommément Me Genel Pierre, Conseiller technique au Conseil National d’Assistance Légale, de faits d’une gravité extrême : « corruption sexuelle » et « harcèlement moral et sexuel ».

Face à ces accusations publiques, lourdes de conséquences et susceptibles de détruire une carrière comme une réputation, Me Genel Pierre a choisi de riposter sans détour. Par l’entremise de son avocat, Me Rigaud Duplan, une sommation formelle a été signifiée le 14 avril 2026 aux responsables du RNDDH ainsi qu’au Commissaire du Gouvernement près le Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince, Me Jean Fritz Patterson Dorval.

Le message est clair, sans ambiguïté : produire immédiatement les preuves ou en assumer les conséquences devant la justice.

Dans ce document à forte portée juridique, les auteurs des accusations sont sommés de communiquer « tous les éléments de preuve généralement quelconques » à l’appui de leurs affirmations. À défaut, ils s’exposent à être traduits devant le tribunal correctionnel pour diffamation, conformément aux articles 313 à 316 du Code pénal haïtien.

Au-delà du dossier individuel, cette affaire pose une question brutale : peut-on accuser publiquement, sur la place médiatique, sans être en mesure de démontrer ?

Car si la dénonciation est un droit, elle n’est pas un permis de diffamer. Dans un État de droit, la parole engage. Et lorsqu’elle vise des faits aussi graves que des abus sexuels, elle exige des preuves à la hauteur de la gravité des accusations.

Le RNDDH, institution influente dans le paysage des droits humains en Haïti, se retrouve ainsi face à une épreuve de crédibilité majeure. Entre devoir d’alerte et obligation de rigueur, la ligne est désormais tracée par la justice.

Dans l’attente d’une réponse officielle, une chose est certaine : le temps de l’allégation est terminé. Place désormais au temps de la preuve… ou du tribunal.

Rédaction : Zantray News Haïti

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