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Haïti – Politique : Ayant perdu le ministère de l’Agriculture, Moïse Jean-Charles constate les “péchés” du pouvoir

Le leader politique Moïse Jean-Charles dénonce avec virulence la gestion du pouvoir en place, qu’il critique de « pouvoir de facto », après avoir perdu le contrôle du ministère de l’Agriculture. Dans une déclaration publique, il dresse une liste de ce qu’il appelle « les sept péchés du pouvoir », mettant directement en cause le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et sa gouvernance.

Selon l’ancien sénateur, le pays s’enfonce dans une crise multidimensionnelle marquée par l’insécurité, l’instabilité institutionnelle et une détérioration accélérée des conditions de vie. Il estime que cette situation résulte de choix politiques, notamment les siens ainsi que ceux de ses collègues politiques et du pouvoir, qu’il juge partisans et contraires aux intérêts nationaux.

Moïse Jean-Charles, connu pour ses pratiques “abolotcho”, évoque d’abord le massacre dans l’Artibonite, qu’il présente comme un symbole d’impunité persistante. Il critique l’absence de réponses judiciaires et politiques face à ces violences, dénonçant une banalisation des crimes dans cette région déjà fragilisée.

Il accuse ensuite le pouvoir d’avoir saboté le plan de sécurité proposé par son parti, Pitit Dessalines, où plusieurs membres ont dû démissionner, en raison de ce qu’ils qualifient de comportement “caméléon”. Selon lui, ce rejet aurait contribué à aggraver l’insécurité, au détriment de la sûreté de l’État.

Sur le plan institutionnel, il dénonce une violation de la loi électorale, évoquant notamment l’illégalité du pacte ayant permis la mise en place des autorités actuelles. Il y voit une dérive qui affaiblit davantage la légitimité des institutions, mais également son parti, qui semble ne pas bénéficier, cette fois, du partage du pouvoir comme il le souhaitait.

Le dirigeant politique critique également l’utilisation des fonds publics, qu’il assimile à une forme de corruption à visée électorale. Il accuse les autorités d’orienter les ressources de l’État au profit d’intérêts politiques au lieu de répondre aux besoins urgents de la population.

Il pointe du doigt le contrat Evergreen, qu’il oppose à la situation des déplacés internes. Selon lui, les priorités budgétaires du gouvernement traduisent une injustice flagrante envers les populations les plus vulnérables.

Moïse Jean-Charles dénonce en outre l’augmentation du prix des carburants, qu’il qualifie de « crime économique », ainsi que ce qu’il présente comme un accaparement des terres agricoles par une élite proche du pouvoir. Il estime que ces décisions aggravent la précarité des paysans et menacent la production nationale.

Enfin, il accuse les autorités de se soumettre totalement à la communauté internationale, au détriment de la souveraineté nationale, une position qu’il traduit comme incompatible avec les aspirations du peuple haïtien.

Au regard de ces éléments, Moïse Jean-Charles, dont la position reste difficile à cerner, appelle à la mise en place immédiate d’un exécutif bicéphale, qu’il présente comme une alternative pour sortir de la crise actuelle.

Ces déclarations interviennent dans un contexte politique tendu, marqué par des contestations croissantes et des interrogations sur la capacité des autorités à organiser des élections crédibles et à rétablir la sécurité dans le pays.

Rédaction: Zantray News Haïti

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