Le Réseau National des Journalistes Haïtiens (RENAJOUH) a lancé un appel à la mobilisation en faveur des journalistes Osnel Espérance et Junior Célestin, portés disparus depuis environ un mois. Les deux professionnels de la presse travaillaient respectivement pour Radio Uni et Radio-Télé Méga Star. Leur disparition plonge leurs familles, leurs collègues ainsi que l’ensemble de la corporation journalistique dans une profonde inquiétude.
Dans ce contexte, le RENAJOUH, organisation engagée dans la défense des droits des journalistes, s’est associé à l’organisation sociale GRENADYE AYITI POU DEVLOPMAN (GREYAD) pour organiser une marche de solidarité. Celle-ci est prévue le mardi 14 avril 2026. Le rassemblement est fixé à Delmas 48 à partir de 10 heures du matin, avec un parcours menant à la résidence officielle du Premier ministre à Musseau.
À travers cette initiative, les organisateurs entendent non seulement rendre hommage aux deux journalistes disparus, mais aussi accentuer la pression sur les autorités étatiques afin qu’elles assument pleinement leurs responsabilités. Ils exigent notamment l’ouverture d’une enquête approfondie pour faire la lumière sur cette affaire, conformément aux demandes formulées par les directions des médias concernés.
Le RENAJOUH appelle toutes les couches de la société haïtienne à se joindre à cette mobilisation pour exprimer leur solidarité envers les victimes, leurs familles et les institutions médiatiques touchées. L’organisation rappelle que cette situation s’inscrit dans un contexte plus large de dégradation des conditions de travail des journalistes en Haïti. Selon elle, les travailleurs de la presse sont devenus des cibles privilégiées de groupes armés, dans un climat d’insécurité généralisée.
Quarante ans après les luttes menées pour la liberté d’expression, souvent au prix de lourds sacrifices, le réseau dénonce un recul inquiétant. Il critique également l’inaction des autorités face à la montée de la violence, estimant que de larges portions du territoire échappent désormais au contrôle de l’État.
Les organisateurs comptent remettre leurs doléances au Premier ministre, également président du Conseil Supérieur de la Police Nationale, qu’ils accusent de silence prolongé depuis la disparition des deux journalistes. Ils appellent également les responsables de médias à réfléchir aux risques encourus par leurs employés dans un environnement où leur sécurité n’est pas garantie.
En guise de conclusion, le RENAJOUH souligne d’autres faits récents illustrant la vulnérabilité du secteur médiatique : l’absence de commémoration officielle du 26e anniversaire de l’assassinat du journaliste Jean Léopold Dominique, ainsi que l’attaque armée contre la résidence du directeur général de Radio-Télévision Kiskeya en mars dernier. Concernant la disparition d’Osnel Espérance et de Junior Célestin, l’organisation déplore que seule une note du ministère de la Communication ait été publiée, sans annonce concrète d’enquête.
Face à cette situation, les initiateurs de la marche estiment qu’une mobilisation collective s’impose pour défendre la liberté de la presse et exiger justice.
Mozard Lombard,
mozardolombardo@yahoo.com