Port-au-Prince, mars 2026 — En Haïti, perdre le pouvoir ne signifie jamais vraiment le quitter. C’est plutôt comme changer de chaise… mais rester à la même table, avec le même plat.
Les dernières nominations donnent presque le vertige. L’ancien ministre de la Culture et de la Communication, Patrick Delatour, devient Directeur général de l’ISPAN. L’ex-ministre des Affaires étrangères et des Cultes, Harvel Jean-Baptiste, se retrouve ambassadeur d’Haïti au Brésil. Et pendant ce temps, Smith Augustin, ancien conseiller présidentiel impliqué dans le dossier de la BNC et inculpé pour corruption, sera nommé ambassadeur en Espagne.
Jusque-là, rien d’anormal… du moins, dans la logique locale.
Mais c’est en regardant de plus près que le film devient intéressant — ou incompréhensible, c’est selon. Dans cette grande comédie politique où chacun joue sa survie, le scénario semble écrit à l’envers. Smith Augustin aurait fait nommer Harvel Jean-Baptiste ministre des Affaires étrangères hier… pour qu’il redevienne aujourd’hui ambassadeur. Autrement dit : promotion, révocation, rétrogradation… le tout en boucle, comme un remix politique sans bouton “stop”.
Dans le même décor, Patrick Delatour passe de ministre de tutelle à Directeur général. Une sorte de “chef devenu employé”, mais version officielle. Ici, on ne démissionne pas, on se redimensionne.
Et pendant ce temps, Smith Augustin , ancien conseiller présidentiel inculpé dans le braquage de la BNC, connu en Haïti comme braqueur national se prépare à aller très loin…( va-t-il devenir un braqueur international ?) géographiquement parlant. Direction Espagne. Une ambassade qui ressemble étrangement à une planque chic, avec vue sur la mer et immunité diplomatique en prime. Quitter la scène… sans vraiment quitter le système.
Au fond, tout cela ressemble à un jeu de société étrange : on recule de trois cases, mais on garde tous les bonus. On change de titre, mais pas de privilèges. On descend, mais on ne tombe jamais. Une gravité sélective, version politique haïtienne.
Et le plus fascinant, c’est que tout le monde semble trouver ça normal. Comme si être rétrogradé avec chauffeur, passeport diplomatique et per diem restait… une promotion dans l’âme.
Au final, tout le monde se recase, tout le monde s’arrange… et surtout, tout le monde se comprend. Un système où l’on peut être hier patron, aujourd’hui subordonné, demain ambassadeur — sans que personne ne pose vraiment la question du “pourquoi”.
On en rirait franchement… si ce n’était pas aussi sérieusement réel.
Rédaction : Zantray News hait