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Haïti : le RENAJOUH critique la réaction gouvernementale après l’enlèvement de deux journalistes

Le Réseau National des Journalistes Haïtiens (RENAJOUH) a réagi à la publication d’un communiqué du Ministère de la Culture et de la Communication, daté du mercredi 18 mars 2026, concernant l’enlèvement de deux journalistes survenu vendredi dernier à Grand-Rue, dans la commune de Port-au-Prince.

Les victimes, Osnel Espérance de Radio Uni et Junior Célestin de Radio-Télé Méga Star, auraient été initialement aperçues au Champs-de-Mars avant de se rendre à Grand-Rue après avoir reçu un appel, selon les informations disponibles. Dans son communiqué, le gouvernement a exprimé sa position officielle en condamnant cet acte attribué au groupe armé « Baz 5 Segond », dirigé par le chef de gang Izo 5 Segond, opérant notamment dans la zone du Village-de-Dieu.

Toutefois, le RENAJOUH estime que cette prise de position est insuffisante. L’organisation de journalistes déplore l’absence d’engagement clair des autorités quant aux mesures concrètes visant à garantir la libération et la sécurité des deux confrères. Elle affirme que le gouvernement aurait dû prioritairement rassurer sur les efforts entrepris pour retrouver les victimes saines et sauves.

Par ailleurs, le réseau exige des explications rapides de l’État haïtien sur de possibles liens entre les journalistes enlevés et l’institution policière. Selon des informations jugées crédibles par l’organisation, les ravisseurs auraient examiné les téléphones des victimes afin de vérifier d’éventuelles communications avec des responsables de la police concernant leurs déplacements.

Le RENAJOUH avance également détenir des éléments, sous forme d’audios et de vidéos, suggérant que les deux journalistes auraient été tués par leurs ravisseurs dans des conditions particulièrement violentes après leur enlèvement. Ces allégations n’ont toutefois pas été confirmées officiellement.

Près d’une semaine après les faits, l’organisation souligne qu’aucun contact n’a été établi entre les groupes armés et les familles des victimes ni avec les responsables des médias concernés. Lors d’une conférence de presse tenue lundi dernier par les dirigeants de Radio Uni et de Radio-Télé Méga Star, accompagnés de proches d’une des victimes, un appel avait été lancé aux membres de la coalition criminelle « Viv Ansanm » afin de permettre aux journalistes de donner signe de vie ou d’être libérés sans condition.

Enfin, le RENAJOUH appelle la Police Nationale d’Haïti à rompre son silence, estimant que l’absence de communication de l’institution alimente les inquiétudes et les soupçons quant à son rôle dans ce dossier.

Le communiqué est signé par Jonas Montes, coordonnateur général du RENAJOUH, Giovani Désinor, coordonnatrice adjointe, et Jocelyn Thierry Herby, conseiller.

Mozard Lombard,
mozardolombardo@yahoo.com

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