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Au BSEIPH, la tournée des promesses du ministre des Affaires sociales

Une visite officielle, des déclarations d’intention et des promesses de priorités gouvernementales : voilà ce qui ressort principalement du déplacement du ministre des Affaires sociales et du Travail, Marc-Elie Nelson, au Bureau du Secrétaire d’État à l’Intégration des Personnes Handicapées (BSEIPH), situé à Delmas 60.

Présentée comme une première prise de contact, cette visite avait pour objectif d’évaluer les besoins et le fonctionnement de cette institution chargée de l’intégration des personnes handicapées. En d’autres termes, il s’agissait surtout, pour le nouveau titulaire du ministère, de « mieux cerner » comment accompagner cet organe de sécurité sociale dans l’exercice de sa mission. Une démarche qui, bien que légitime sur le principe, soulève déjà une question fondamentale : pourquoi faut-il encore « évaluer » et « cerner » la situation d’un secteur dont les difficultés sont connues depuis des années ?

Le déplacement du ministre s’inscrit, selon les autorités, dans le cadre des instructions du Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, qui aurait fait de la cause des personnes handicapées une priorité gouvernementale. Une affirmation ambitieuse, répétée dans les communications officielles, mais qui demeure pour l’instant au stade de déclaration politique.

Le ministre Marc-Elie Nelson affirme être « résolument déterminé » à renforcer les actions stratégiques et concrètes au bénéfice des personnes handicapées. Un engagement qui reconnaît implicitement que cette catégorie de la population a « grand besoin d’assistance et de protection sociale adéquate ». Mais cette reconnaissance, aussi importante soit-elle, ne suffit pas à masquer l’absence de mesures précises annoncées lors de cette visite.

La communication officielle insiste également sur la volonté du ministre de se conformer aux recommandations du chef de l’exécutif et d’appliquer strictement la feuille de route du ministère des Affaires sociales et du Travail. Là encore, les mots sont soigneusement choisis : volonté, engagement, application, détermination. Autant de termes qui traduisent une orientation politique… mais qui restent pour l’instant dépourvus d’actions concrètes clairement détaillées.

Au final, cette visite ministérielle au BSEIPH apparaît davantage comme un exercice de communication institutionnelle que comme l’annonce d’une véritable stratégie en faveur des personnes handicapées. Alors que ces dernières figurent parmi les groupes les plus vulnérables de la société, elles continuent d’attendre des mesures tangibles plutôt que de nouvelles promesses d’inclusion.

Dans un contexte où les besoins sociaux sont immenses, les déclarations d’engagement risquent de ne plus suffire. Pour beaucoup, l’inclusion des personnes handicapées ne pourra être jugée qu’à l’aune des résultats réels — et non des visites protocolaires ou des communiqués officiels.

Mozard Lombard,
mozardolombardo@yahoo.com

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