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Jean-Victor Harvel Jean-Baptiste : un ministre en décalage face à l’urgence sécuritaire

Ce vendredi 27 février 2026, le Ministre des Affaires Étrangères et des Cultes, Son Excellence Monsieur Jean-Victor Harvel JEAN-BAPTISTE, a reçu la Cheffe de Délégation et le Chef des Opérations du Comité International de la Croix-Rouge (CICR), Madame Marisela Silva CHAU et Monsieur Khoder EL TARI. Une rencontre officiellement consacrée au « renforcement du droit international humanitaire dans le contexte de conflits armés ». Une formule solennelle qui, à elle seule, révèle la gravité d’une situation que les autorités semblent incapables de maîtriser.

Car si le droit international humanitaire doit être « renforcé », c’est bien parce qu’il est bafoué sur le terrain. Si le CICR doit présenter l’impact de ses interventions, notamment dans la commune de Cité Soleil, c’est parce que l’État n’y exerce manifestement pas pleinement son autorité. Derrière les mots soigneusement choisis, un constat brutal s’impose : la protection des civils dépend de plus en plus d’acteurs humanitaires internationaux.

Les représentants du CICR ont mis en avant leur collaboration avec les institutions haïtiennes. Mais de quelle collaboration parle-t-on réellement lorsque des zones entières nécessitent une intervention humanitaire soutenue ? La référence explicite à Cité Soleil souligne l’ampleur des défis sécuritaires et humanitaires. Elle met surtout en lumière l’incapacité persistante des pouvoirs publics à garantir des conditions de vie minimales à la population.

De son côté, le Chancelier a rappelé la volonté du Gouvernement de créer un environnement sécuritaire et stable, indispensable à l’organisation des élections, érigées en priorité nationale. Or, cette « volonté » est répétée à l’envi depuis des mois, voire des années, sans que les résultats suivent. La stabilité ne se proclame pas dans un communiqué ; elle se mesure dans les rues, dans les quartiers, dans la capacité concrète à protéger les citoyens.

Le Ministre a également insisté sur la nécessité de consolider les mécanismes de coordination pour mieux protéger la population civile. Une reconnaissance implicite que ces mécanismes sont aujourd’hui insuffisants. Pendant que l’on parle de coordination, les civils continuent d’être exposés aux conséquences des conflits armés.

Au final, cette rencontre diplomatique donne l’impression d’un pouvoir qui multiplie les réunions et les déclarations, mais qui peine à traduire ses engagements en actions tangibles. L’omniprésence du CICR dans le discours officiel ne témoigne pas d’une réussite, mais d’un aveu : sans l’appui constant de l’humanitaire international, l’État ne parvient pas à remplir ses obligations les plus élémentaires envers sa propre population.

Mozard Lombard,
mozardolombardo@yahoo.com

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