L’Association Nationale des Normaliens Indépendants d’Haïti (ANNIH), fidèle à sa mission en faveur d’une éducation libératrice et émancipatrice, a exprimé une vive préoccupation après la publication de la Note interne N° N-1-588 du 16 février 2026 émise par le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP). Cette note porte sur la « dénonciation du protocole d’accord signé entre le MENFP et l’École Normale Supérieure (ENS) » et annonce la suspension des mécanismes d’intégration des diplômés.
Dans une prise de position formelle, l’ANNIH exprime un rejet « clair, responsable et motivé » de cette décision administrative. L’association estime que la note est juridiquement infondée, réglementairement fragile et administrativement contestable au regard des principes fondamentaux du droit administratif haïtien ainsi que du cadre légal organisant le fonctionnement du système éducatif national.
L’organisation rappelle qu’une note interne constitue un acte de gestion administrative dépourvu de portée réglementaire et de force juridique abrogative. À ce titre, elle ne saurait abroger, suspendre ou déclarer caduc un dispositif institutionnel structurant, en particulier lorsque celui-ci s’inscrit dans un cadre réglementaire supérieur.
L’ANNIH souligne que toute analyse de la décision ministérielle doit s’appuyer sur l’Arrêté du 17 septembre portant réforme du fonctionnement des établissements scolaires de la République, modifiant celui du 1er septembre 2014. Ce texte consacre notamment la modernisation du système éducatif, la planification rationnelle des ressources humaines et le renforcement qualitatif du personnel enseignant. Selon l’association, suspendre un mécanisme d’intégration des diplômés issus de l’École Normale Supérieure reviendrait à s’écarter de l’esprit même de cette réforme, orientée vers la valorisation des compétences, la professionnalisation du corps enseignant et la consolidation durable du système éducatif national.
L’ANNIH considère en outre qu’une telle démarche, prise par simple note interne sans base légale explicite ni acte réglementaire formel, révèle une incompétence normative manifeste et pourrait s’apparenter à un excès de pouvoir administratif. Elle y voit également une atteinte au principe de sécurité juridique, en créant une incertitude préjudiciable aux diplômés, aux institutions de formation et à la cohérence des politiques publiques éducatives, essentielles à la stabilité et à la continuité du service public de l’éducation.
Dans une perspective de réforme éducative durable, résumée par le slogan « Lekòl ka sove Ayiti, ann sove lekòl », l’ANNIH rappelle que la gouvernance du système éducatif doit impérativement s’aligner sur les arrêtés réglementaires en vigueur et sur les orientations structurelles de l’État. Le respect du cadre normatif issu de la réforme du fonctionnement des établissements scolaires constitue, selon elle, une obligation légale et institutionnelle.
Au regard du principe de légalité administrative, de la hiérarchie des normes et des dispositions structurantes de l’Arrêté du 17 septembre modifiant celui du 1er septembre 2014, l’association estime que la Note interne du 16 février 2026 ne peut produire d’effets juridiques valables dans sa tentative de neutralisation d’un cadre institutionnel conforme aux orientations réglementaires du système éducatif haïtien.
En conséquence, l’ANNIH en appelle au respect strict de la légalité, à la cohérence de la réforme éducative nationale et à la protection des droits légitimes des normaliens, dans l’intérêt supérieur de l’école haïtienne. Elle demande également au Conseil des ministres de prendre les dispositions nécessaires afin de démettre au plus vite le ministre Augustin de ses fonctions à la tête du MENFP, de procéder à son remplacement par un professionnel qualifié, compétent, intègre et expérimenté du secteur éducatif, et d’ordonner le retrait de ce qu’elle qualifie de « note de la honte ».
La déclaration est signée par Jackson GERMAIN, Secrétaire général, Dijali Jean BONHOMETRE, Trésorier, et Ferdy RICHARD, Coordonnateur général de l’ANNIH.
Mozard Lombard,
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