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Sanctions américaines : Smith Augustin jure de ne plus comploter contre le Premier ministre et Laurent Saint-Cyr

La séquence est désormais limpide : rattrapé par les sanctions américaines, Smith Augustin abandonne toute velléité d’action politique et se retire du jeu en tentant de sauver ce qui peut encore l’être — sa position personnelle. La révocation du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, qu’il soutenait hier encore, devient soudain trop risquée. La destitution du coordonnateur du CPT, Laurent Saint-Cyr, qu’il laissait prospérer, devient subitement illégitime. Visa menacé, accès à Washington incertain, crédibilité internationale laminée : Augustin bat en retraite et tente de figer le Conseil présidentiel dans l’immobilisme.

Dans une lettre adressée à ses collègues — Leslie Voltaire, Louis Gérald Gilles, Fritz Alphonse Jean et Edgard Leblanc Fils — Smith Augustin jette l’éponge. Il se désolidarise d’une dynamique qu’il a pourtant contribué à enclencher, se retranche derrière un juridisme tardif et invoque désormais la “position des États-Unis” comme argument décisif. Ce faisant, il ne se contente pas de changer de ligne : il acte une abdication majeure. Le CPT n’est plus, sous sa plume, une autorité souveraine, mais une structure sommée de s’aligner sur les signaux de Washington. La transition haïtienne devient, par son raisonnement, une annexe diplomatique.

C’est ici que la lettre cesse d’être un exercice institutionnel pour se transformer en acte de capitulation politique en rase campagne. Le soudain attachement de Smith Augustin au droit relève de la pure imposture : il a signé la résolution, il l’a assumée, puis il s’est rétracté après les sanctions. Ce n’est pas le droit qui parle, c’est la peur. Le droit devient un paravent, le juridisme un refuge. Quant au spectre du « chaos institutionnel », il est instrumentalisé comme une arme de dissuasion massive : on agite l’effondrement pour empêcher toute décision, on invoque la catastrophe pour justifier la paralysie, on dramatise pour masquer la fuite.

Plus grave encore, Smith Augustin piétine les fondements mêmes de la collégialité. Il efface la règle de la majorité, s’arroge un droit de veto individuel et transforme la “retenue” en outil de blocage. Son abstention annoncée jusqu’au 7 février n’est rien d’autre qu’une désertion politique sans renoncement au pouvoir : rester en place, mais ne plus assumer ; conserver le titre, mais refuser la responsabilité. C’est la négation même de l’éthique de transition.

La lettre est muette sur l’essentiel : aucune reconnaissance de la crise morale, aucun mot sur le discrédit du CPT, aucune considération pour la rupture béante entre l’institution et la population. Elle multiplie les diversions procédurales, élargit artificiellement les risques, mais ne propose aucune alternative, aucun calendrier, aucune issue. Refuser, bloquer, temporiser : voilà l’unique ligne politique.

En définitive, ce texte ne protège ni l’État ni la transition. Il les entrave. Il ne vise pas la stabilité ; il organise l’inertie. Il ne sert pas l’intérêt général ; il expose au grand jour une stratégie de survie personnelle érigée en doctrine politique. Ce n’est plus une divergence de vues, c’est un sabotage assumé de la décision collective au moment où l’histoire exige clarté, courage et responsabilité.

Rédaction : Zantray News Haïti

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