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Haïti : Smith Augustin recule sous pression internationale, entre nationalisme de façade et panique politique

Le revirement est brutal, révélateur et profondément accablant. Smith Augustin, pourtant signataire d’une résolution visant la révocation du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, a subitement renoncé à cette initiative dès que la pression internationale s’est faite sentir.

Celui qui s’affichait récemment en chantre d’un nationalisme bruyant apparaît désormais comme le porteur d’un nationalisme sans consistance, qui s’effrite au premier avertissement venu de l’extérieur. Les États-Unis, suivis du Canada, de l’Union européenne et de l’Organisation des États américains, ont clairement signifié que toute tentative d’éviction du chef du gouvernement exposerait ses auteurs à des sanctions. Le message était clair, ferme et dissuasif.

C’est dans ce contexte que Smith Augustin a adressé, le 23 janvier, une lettre au président du CPT, Laurent Saint-Cyr, abandonnant soudain le ton de la fermeté pour invoquer le dialogue, la concertation et la recherche d’un consensus. Un changement de registre qui soulève de sérieuses interrogations sur ses véritables motivations.

Selon une source proche du dossier, relayée sur les réseaux, l’épouse de Smith Augustin serait actuellement à l’étranger ou en route pour le Canada afin d’y accoucher. Une information qui, si elle se confirmait, ajoute une dimension personnelle troublante à ce revirement politique. La pression ne serait donc pas seulement diplomatique : la peur serait aussi dans le ventre, et le calendrier international pèserait lourdement sur les choix du Conseiller-Président.

La question mérite d’être posée, sans détour : n’existe-t-il donc aucun hôpital en Haïti capable d’accueillir la naissance de l’enfant d’un haut responsable de l’État ? Et si ceux qui prétendent défendre la souveraineté nationale ne font pas confiance au système de santé du pays pour leurs propres familles, avec quelle crédibilité peuvent-ils exiger des sacrifices du peuple haïtien ?

Pour se justifier, Smith Augustin affirme aujourd’hui que la résolution du 21 janvier répondait à des exigences formulées par certains acteurs politiques comme condition au dialogue national. Il reconnaît dans le même souffle que cette décision, prise sans consensus, risquait de fragiliser davantage les institutions. Une admission tardive, qui ressemble surtout à une tentative de se dégager d’une responsabilité devenue trop lourde à assumer.

Ce revirement contraste avec les déclarations publiques de Leslie Voltaire et Edgard Leblanc, qui affirmaient encore que le décret de révocation devait être transmis pour publication. Une annonce spectaculaire, suivie d’aucun acte, illustrant l’improvisation et la fébrilité au sommet du CPT.

En se repositionnant comme médiateur prudent, Smith Augustin donne l’image d’un responsable plus soucieux d’éviter sanctions et complications personnelles que d’assumer une ligne politique claire. Cette séquence révèle une vérité dérangeante : au sein du CPT, le nationalisme s’arrête là où commencent les intérêts privés et les pressions internationales.

À l’approche du 7 février, cette volte-face expose une transition sous tutelle, des dirigeants hésitants, et une souveraineté invoquée dans les discours mais abandonnée dès qu’elle devient contraignante.

Rédaction : Zantray News Haïti

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