Alors que la République dominicaine dévoile son premier véhicule blindé fabriqué localement, Haïti reste enlisé dans une crise sécuritaire sans réponse étatique cohérente. L’écart se creuse entre les deux pays voisins, l’un investissant dans sa souveraineté militaire, l’autre paralysé par l’inaction de ses dirigeants.
En Haïti, la sécurité repose presque exclusivement sur une Police nationale sous-équipée, confrontée à des défis logistiques, humains et financiers majeurs. Les forces armées, quant à elles, sont marginalisées, sans stratégie claire ni moyens d’action à l’échelle nationale.
Des rapports font état d’une utilisation détournée des unités disponibles, souvent affectées à la protection de personnalités politiques plutôt qu’à la sécurisation du territoire. Cette dérive alimente les critiques sur la gestion opaque des ressources publiques et l’absence de volonté politique.
Pendant ce temps, à Santo Domingo, le gouvernement dominicain a présenté le FURIA, un blindé militaire assemblé dans la province de San Cristóbal. Ce véhicule, fruit du travail de l’Industrie militaire dominicaine, symbolise une volonté affirmée d’autonomie technologique et de renforcement stratégique.
Le modèle VBD-1, conçu pour évoluer dans des zones à risque, est équipé d’une tourelle, de vitres blindées et de systèmes de surveillance. Il répond aux standards modernes de mobilité et de protection, et s’inscrit dans une logique de défense proactive.
Le long de la frontière haïtiano-dominicaine, ce type d’équipement vise à renforcer les capacités de contrôle et de dissuasion des forces armées dominicaines. Les autorités évoquent une réponse aux menaces transfrontalières, souvent associées à l’instabilité persistante en Haïti.
Sur le plan économique, la fabrication locale du blindé permettrait à la République dominicaine de réduire sa dépendance aux importations et de stimuler un secteur industriel stratégique. Une dynamique que Haïti est encore loin d’enclencher.
Dans ce contexte régional tendu, l’initiative dominicaine agit comme un révélateur : elle souligne l’absence de vision sécuritaire du côté haïtien, où aucun plan de renforcement militaire n’a été communiqué. Pendant que l’un bâtit sa défense, l’autre reste figé, prisonnier de ses propres impasses politiques.
Rédaction: Zantray News Haïti