Le Conseiller-Président Leslie Voltaire a tenu une énième « séance de travail » avec la mairesse du Cap-Haïtien, Angie Bell, et le commissaire divisionnaire du Nord, Sem Calixte. Une rencontre de plus, soigneusement formulée, longuement décrite, mais dramatiquement creuse, autour de problèmes que tout le monde connaît déjà : les conditions sanitaires, environnementales et sécuritaires de la ville et du département du Nord.
Selon les informations communiquées, la séance a principalement porté sur l’évaluation des conditions sanitaires actuelles, la gestion des déchets, la salubrité publique et les mesures urgentes à renforcer. Autrement dit, on a parlé. Encore. On a évalué. Encore. On a identifié des « risques » et évoqué la nécessité « d’améliorer durablement la qualité de vie ». Des formulations vagues, interchangeables, qui pourraient être recyclées dans n’importe quel communiqué officiel depuis des années.
Rien n’indique des décisions prises, aucun plan concret n’est mentionné, aucune action immédiate n’est annoncée. Face à des conditions sanitaires suffisamment graves pour justifier une réunion de ce niveau, les autorités se contentent d’un exercice de diagnostic tardif, comme si la dégradation de la salubrité, la gestion défaillante des déchets et les risques sanitaires étaient des découvertes récentes.
La présence du commissaire divisionnaire du Nord dans une réunion centrée sur l’insalubrité et l’environnement souligne d’ailleurs un malaise profond : quand tout se dégrade, tout le monde est convoqué, mais personne ne semble responsable. La sécurité est évoquée, mais sans la moindre précision. Les déchets sont mentionnés, mais sans solution. Les mesures urgentes sont reconnues, mais laissées dans le flou le plus total.
Cette séance de travail illustre parfaitement une gouvernance qui confond action et réunion, leadership et communication, urgence et éternelle évaluation. Pendant que les autorités discutent des conditions sanitaires, environnementales et sécuritaires, les populations du Cap-Haïtien et du département du Nord continuent, elles, d’en subir les conséquences concrètes.
À défaut d’actions claires, cette rencontre restera ce qu’elle semble être : un rituel administratif de plus, destiné à donner l’impression que quelque chose se fait, alors que l’essentiel — agir — est soigneusement évité.
Mozard Lombard,
mozardolombardo@gmail.com