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Pierre Espérance, un véritable acteur de l’instrumentalisation de la police à des fins personnelles, selon Mario Andrésol

Accusé par Pierre Espérance de protéger Jimmy « Barbecue » Chérizier, chef du gang « Viv Ansanm », le secrétaire d’État à la Sécurité publique, Mario Andrésol, contre-attaque. Selon lui, c’est au contraire Pierre Espérance qui instrumentalise la Police nationale d’Haïti (PNH) à des fins personnelles. C’est ce qu’il a laissé entendre lors d’une intervention sur une station de radio de la capitale, ce lundi 5 janvier.

Réagissant aux accusations portées contre lui, Andrésol affirme que Pierre Espérance serait aujourd’hui l’homme le plus puissant du pays, capable de faire arrêter ou libérer qui il veut.

« On disait autrefois que le juge d’instruction était l’homme le plus puissant de la République, car il pouvait convoquer le président. Aujourd’hui, Pierre Espérance est l’homme le plus puissant dans ce sens », déclare-t-il. « J’ai découvert qu’il instrumentalise la police et la justice à des fins personnelles. »

Pour étayer ses propos, Andrésol évoque un épisode impliquant l’ancien directeur général de la police, Rameau Normil. Selon lui, un policier devait être convoqué pour des agissements graves au sein de l’institution. Le ministre de la Justice avait alors demandé à l’inspecteur général en chef de la PNH de rappeler à l’ordre l’agent concerné. Une correspondance fut adressée au chef de la police pour transmettre la convocation à l’unité concernée.

Mais Rameau Normil aurait suspendu la procédure. Informé par l’inspecteur général, Andrésol rapporte que le ministre de la Justice, surpris par l’absence de convocation, a interrogé le chef de la police. Ce dernier aurait révélé qu’une autorité lui avait ordonné de surseoir à la démarche. Cette autorité, selon Normil, n’était autre que Pierre Espérance.

« Pierre Espérance n’a aujourd’hui aucune crédibilité pour dire si telle ou telle personne appartient à un gang ou non », martèle Andrésol. Il rappelle également que Pierre Espérance aurait détourné 650 000 dollars que Reginald Boulos avait versés en dédommagement aux victimes de son sirop empoisonné.

Pierre Espérance n’a pas encore réagi à ces accusations, qui l’accablent de jouer un rôle central dans la décadence et la dépendance de l’institution policière.

Par ailleurs, Andrésol rejette les allégations selon lesquelles il serait responsable de la composition actuelle de l’état-major de la police. Il accuse Pierre Espérance d’avoir tenté d’imposer sa volonté à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), en exigeant des arrestations et des libérations arbitraires. Selon lui, Espérance aurait perdu son influence depuis l’arrivée du nouveau directeur de la DCPJ.

Mais Andrésol n’est pas exempt de critiques. Pour de nombreux citoyens, il porte lui aussi une part de responsabilité dans les massacres subis par la population. En tant qu’actuel secrétaire d’État à la sécurité publique, il a échoué à rétablir la stabilité et a permis un climat d’impunité, fragilisant la tenue des prochaines élections. Comme tant d’autres dirigeants, il se serait contenté d’encaisser son chèque, pendant que la population fuyait la terreur des gangs.

Rédaction: Zantray News Haïti

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