Au sein du Conseil présidentiel de transition (CPT), plusieurs scandales éclatent, jetant une lumière inquiétante sur la gestion de l’État et la moralité de ceux censés le protéger. À l’approche du 7 février 2026, date marquant la fin du mandat du CPT, la question de savoir quel conseiller présidentiel s’est distingué en répondant aux revendications de la population reste entière. Personne n’ose lever le petit doigt, tant ils sont tous perçus comme corrompus ou assimilés à des gangsters dirigeant l’État.
Chacun des conseillers présidentiels est impliqué dans un scandale ou critiqué pour son silence et son manque de résultats face à l’insécurité, à l’organisation des élections et au redressement économique. Aucun n’a été épargné, et tous laisseront leur nom dans les annales de l’histoire de l’État haïtien comme de petits dirigeants ayant profité du Trésor public pour s’enrichir, à l’image de leurs prédécesseurs.
Trois des conseillers — Smith Augustin, Louis Gérald Bataille et Emmanuel Vertillaire — sont directement impliqués dans une affaire d’extorsion visant l’ancien directeur général de la Banque Nationale de Crédit (BNC).
Mais la gravité de l’affaire ne s’arrête pas là. Emmanuel Vertillaire et sa famille sont accusés d’avoir constitué un véritable réseau de malversations. Ensemble, ils auraient tenté de s’emparer des fonds du Consulat haïtien à Santiago, dans un coup orchestré avec la complicité de son épouse. Le chef de poste du Consulat, ayant déjoué la manœuvre, a été révoqué pour avoir contrecarré le plan. Selon les révélations, Vertillaire aurait délibérément envoyé sa femme en mission sans fonds, sachant qu’elle tenterait de puiser dans les caisses du Consulat.
Fritz Jean, autre membre du Conseil, a également été sanctionné. Ses liens présumés avec des groupes armés responsables de la mort de citoyens haïtiens le placent au cœur d’une polémique sur la complicité institutionnelle dans les violences qui ravagent le pays.
Les accusations ne s’arrêtent pas là. Leslie Voltaire est pointé du doigt par Roudy Sanon pour avoir détourné 50 millions de gourdes — une somme colossale qui aurait dû servir au développement et à la sécurité des Haïtiens. Il aurait reçu cette somme en avance sur un budget de 750 millions de gourdes destiné à un projet de sécurisation du périmètre du Champ de Mars, sans jamais en assurer l’exécution.
Edgard Leblanc, un autre conseiller, est décrit comme un acteur silencieux mais central de la corruption. En cautionnant les actes frauduleux et en contribuant à la montée de l’insécurité, il participe à l’instauration d’un climat où l’État semble incapable de protéger sa population.
Au sommet du Conseil, Laurent Saint-Cyr, président du CPT, est critiqué pour sa passivité face à un contrat d’État très controversé signé avec la compagnie privée Caribbean Port Services (CPS). Ce contrat, conclu pour la gestion du port de Port-au-Prince sur 27 ans, semble aller à l’encontre des intérêts des citoyens et de l’État.
Les conséquences de ces manquements sont visibles : la population voit ses ressources et sa sécurité compromises, tandis que les privilégiés tirent profit d’un système opaque. Les décisions clés, au lieu de servir le bien commun, renforcent les inégalités et la corruption.
Dans ce contexte, l’observateur Frinel Joseph semble se limiter à défendre ses privilèges, ignorant les attentes du public et l’urgence d’une gouvernance transparente. Son rôle est jugé inutile par une large partie de l’opinion.
De même, Régine Abraham, autre observatrice, est perçue comme détachée des réalités du pays. Pour elle, les privilèges et le pouvoir semblent primer sur tout principe de responsabilité ou d’intérêt général.
Malgré l’ampleur des scandales et des accusations, aucun des neuf conseillers présidentiels ne semble prêt à reconnaître publiquement ses fautes. L’impunité et le silence deviennent ainsi les règles implicites du Conseil.
Face à cette situation, une question demeure : comment espérer une gouvernance efficace et juste lorsque ceux qui devraient montrer l’exemple ferment les yeux sur leurs propres manquements. La confiance de la population haïtienne est mise à rude épreuve, et le spectre de l’injustice plane sur chaque décision politique.
Rédaction: Zantray News Haïti