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IDA appelle à un sursaut national pour sortir Haïti de l’ornière politique

Dans un contexte national marqué par l’épuisement des transitions politiques et l’enlisement institutionnel, les dirigeants de l’Inisyativ pou Devlope Ayiti (IDA) ont lancé, samedi, un appel solennel à une entente nationale qu’ils estiment indispensable pour remettre Haïti sur la trajectoire de la stabilité et de la souveraineté politique. Cette prise de position a été exprimée lors d’une causerie politique organisée en plein air à l’Hôtel Oasis, devant près d’une centaine de participants.

Conçue comme un espace de réflexion citoyenne et de débat ouvert, cette rencontre, qui s’inscrivait dans le cadre de la clôture des activités de fin d’année de l’IDA, a permis de poser un diagnostic sans complaisance sur les causes profondes de la crise haïtienne, tout en esquissant des pistes de sortie pour l’horizon 2026. Les intervenants ont notamment dénoncé la répétition des transitions politiques, perçues comme un facteur aggravant de l’insécurité chronique et du blocage de l’État.

Intervenant au cœur des échanges, le coordonnateur général de l’IDA, Jean Michelet Simplice, a souligné avec insistance que la reconstruction politique du pays passe d’abord par l’investissement dans le capital humain. Il a plaidé pour une formation politique rigoureuse, particulièrement en faveur des jeunes et des cadres, estimant qu’aucune force politique ne peut prétendre gouverner sans une vision stratégique claire ni des compétences adaptées aux défis contemporains. À cet égard, il a rappelé que la formation constitue l’un des axes structurants de l’action de l’IDA.

Jean Michelet Simplice a également mis en avant la légitimité morale de sa formation politique, affirmant que l’IDA se distingue dans le paysage national par l’absence de toute implication de ses membres dans des affaires de corruption ou de collusion avec des groupes armés, un argument qu’il considère comme fondamental pour restaurer la confiance et impulser un changement crédible.

Pour sa part, l’ancien sénateur Francky Exius, figure politique de l’IDA, a défendu avec fermeté l’idée d’une entente nationale encadrée par des balises claires et contraignantes, qu’il juge incontournable pour sortir durablement le pays de l’impasse. À défaut d’un tel consensus, a-t-il averti, Haïti restera exposée à des solutions imposées de l’extérieur, souvent déconnectées des réalités nationales et préjudiciables à la souveraineté du pays.

Selon Francky Exius, la période postérieure au mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT) devra être portée par des dirigeants capables de rassembler au-delà des clivages et de proposer un véritable projet national. Il a précisé que l’IDA, fondée il y a trois ans, milite pour une transition de rupture, seule à même, selon lui, de créer les conditions politiques et institutionnelles nécessaires à l’organisation d’élections libres, crédibles et transparentes.

Tout en reconnaissant que l’organisation de scrutins demeure irréaliste dans le contexte sécuritaire actuel, l’ancien parlementaire a insisté sur le fait que le rétablissement de la sécurité doit constituer la priorité absolue de toute équipe de transition à compter du 7 février 2026. Il a également fustigé la prolifération des régimes transitoires, qu’il accuse de servir des intérêts particuliers tout en aggravant la précarité et la détresse de la majorité de la population.

La rencontre a enfin été rehaussée par la présence de l’ancien sénateur Kelly C. Bastien, président du parti politique Tèt Ansanm, dont la participation a été saluée par les organisateurs comme un signal fort d’ouverture, de dialogue et de dépassement des antagonismes entre forces politiques haïtiennes.
En plaçant l’entente nationale au cœur du débat public, l’Inisyativ pou Devlope Ayiti s’inscrit dans une dynamique de responsabilité et de projection stratégique, à un moment où le pays semble arrivé au terme de l’improvisation politique. Au-delà des discours, cette initiative rappelle l’urgence d’un leadership rassembleur, fondé sur la crédibilité, la compétence et le sens de l’intérêt général. Dans un contexte de crise multiforme, la capacité des acteurs politiques à dépasser les calculs à court terme et à s’engager dans un véritable consensus national pourrait bien déterminer la possibilité, ou non, pour Haïti de renouer avec la stabilité et l’espérance collective.
Rédaction : Zantray News Haïti

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