Le Fonds monétaire international (FMI) maintient un constat difficile, selon lequel l’activité économique devrait continuer de reculer au cours de l’exercice 2026, portant le pays vers une 8e année de récession. Cette nouvelle contraction prolongerait une tendance qui dure depuis plusieurs années, alors que le pays fait face à une insécurité persistante, à des difficultés institutionnelles et à un environnement extérieur défavorable.
Cette situation n’empêche toutefois pas certains indicateurs macroéconomiques de montrer une évolution différente. Le FMI estime notamment que l’inflation devrait ralentir pour atteindre environ 16 % en glissement annuel durant l’exercice 2026, après avoir dépassé 32 % en octobre 2025. La stabilité relative du taux de change figure parmi les facteurs associés à cette décélération.
Sur le plan financier, les résultats enregistrés jusqu’à la fin juin sont également relevés par l’institution. Les réserves internationales nettes se chiffraient à environ 1,9 milliard de dollars, tandis que les objectifs quantitatifs et indicatifs du programme avaient été respectés, à l’exception temporaire du critère concernant les arriérés extérieurs, qui ont depuis été apurés.
Le FMI souligne cependant les contraintes qui continuent de limiter l’activité. L’insécurité perturbe la production et l’accès aux services de base, tandis que la hausse du prix du pétrole alourdit les coûts. Les faibles perspectives pour les exportations des secteurs du textile et de l’habillement pèsent également sur l’économie et contribuent à maintenir les investissements privés à un niveau faible.
Les transferts envoyés par la diaspora constituent toujours un apport important pour les comptes extérieurs du pays. Le FMI met néanmoins en garde contre plusieurs facteurs susceptibles de modifier cette situation, notamment une éventuelle diminution des transferts après la fin du TPS pour les Haïtiens aux États-Unis, une nouvelle hausse des prix du pétrole et les conséquences possibles d’une sécheresse liée au phénomène El Niño.
Dans le cadre du programme de référence, les autorités haïtiennes sont appelées à poursuivre les réformes portant notamment sur les recettes publiques, les administrations fiscale et douanière, la gestion des dépenses et la gouvernance financière.
Le FMI considère par ailleurs que l’évolution de la sécurité, le déroulement du processus électoral et le maintien du soutien international pèseront sur les perspectives économiques du pays. L’accord conclu entre les services du FMI et les autorités haïtiennes à l’issue de la mission menée du 14 au 25 septembre doit encore recevoir l’approbation de la direction du Fonds.
Rédaction: Zantray News Haïti